le palais

des rois de navarre

Bâtiment singulier de style roman civil, probablement du xiie siècle. On peut supposer que ce fut la halle commerciale qui apparaît dans les documents du Moyen Âge comme « le portique de San Martín », qui appartenait au monastère d’Irache et y accueillait plusieurs magasins. A cette époque-là, le bâtiment se composait d’un seul portique à quatre arcs et de fenêtres de cour à quatre petits arcs à l’étage supérieur. Au xviie siècle une expansion a été construite en brique et de style baroque navarro-aragonais.

Au xve siècle il devint le palais des marquis de Cortes —qui appartenaient à la famille royale et qui occupaient le poste de maréchaux de Navarre—, qui reçurent au xviiie siècle le titre de ducs de Granada de Ega.

De 1868 jusqu’en 1941, au moins, il fut utilisé comme prison. C’est là que se sont reclus de nombreux habitants de la ville après le coup d’État de 1936 ; ce fut le cas du maire Fortunato Aguirre et de quelques autres qui n’en sortirent que pour être fusillés.

D’un point de vue artistique, les deux chapiteaux situés sur les colonnes qui entourent la façade sont très intéressants : à gauche, le chapiteau où est représentée la lutte entre Roland et Ferragut, rappel de la prouesse de la bataille de Roncevaux où le chevalier chrétien traverse avec sa lance le seul point faible du géant, son nombril, et légende très unie au Chemin de Saint-Jacques ; à droite, le chapiteau où sont représentés de façon symbolique quelques vices comme l’orgueil (un âne jouant de l’harpe), l’avarice (deux condamnés avec des sacs au cou) et la luxure (une femme aux seins mordus par les serpents).

Bien qu’il soit appelé populairement le palais « des rois de Navarre », il n’a jamais été trouvé de documents prouvant le séjour des monarques navarrais.                       

"Au XVe siècle il devint le palais des marquis de Cortes —qui appartenaient à la famille royale et qui occupaient le poste de maréchaux de Navarre—"