le pont

de la prison

Connu au Moyen-âge comme le « pont des Berças », il unissait les bourgs de San Martín et de San Miguel. À San Miguel on célébrait le jeudi un marché qui avait été établi par décret foral. Les paysans et les éleveurs de la Merindad de Estella y allaient pour vendre leurs produits. Vu que les francs de San Martín avaient le monopole du marché quotidien avec les pèlerins, traverser le pont supposait sortir de l’enceinte qui jouissait des privilèges que concédait el Fuero.

Le mur à grandes pierres et meurtrières pourrait être un des plus anciens de la ville. Il faisait parti de la muraille qui fermait le premier bourg de San Martín à l’entrée du Chemin de Saint-Jacques. Le développement économique de ce bourg engendra la construction d’une importante ampliation, el Borc Nuel (le Nouveau Quartier), là où le chemin de Saint-Jacques entrait dans le bourg ; c’est pourquoi la porte et la muraille situés juste à côté du pont perdirent leur raison d’être.

Le pont de la Berças s’appuyait sur un arc en plein cintre de style roman, probablement construit au xiie siècle. Il doit son nouveau nom, le pont de la prison, à l’installation prés du pont, durant un certain temps, de la prison de la ville.

En 1873, pendant la 2ème guerre carliste, le général libéral Ramón Nouvillas ordonna la destruction du pont pour empêcher l’entrée des carlistes dans la ville. L’ordre de démolition fut refusé mais les chroniques racontent que face à l’ordre de respecter le pont et face aux constantes moqueries des femmes carlistes, les sapeurs libéraux désobéirent et le firent exploser.

Vers 1970, il fut reconstruit selon les plans de l’architecte Pons Sorolla.